mon porte-mentaux

 

porte-mentaux.

 

J’avais enfin trouvé mon porte-mentaux

Celui qui écoute vraiment

Et respire ma souffrance

Avec des mots calmants

Et juste en sa sapience

Un homme survenu un jour

Dans mon désert

Le regard en attente

Mais je n’attendais rien

Modestement parlant

Avec sa vigilance

J’étais dans mon désert

Soleil dehors et blanche

L’œil triste et gêné devant

Celui qui pense et entend

Doucement l’univers décalé

Où je vis peu sans voix

Où l’instant vient toujours

M’apporter la présence

Qui tient en vie ceux qui

Fréquentent consciemment

Depuis toujours la mort.

Peu à peu, malgré soi, on se lie

Dans les yeux de celui qui attend

Mais que peut-il attendre

Au fond de mon retrait

Sauf une liste propre à son métier ?

Cet homme prit du temps sur un repos  et de jour en semaine

Se voua au cadeau immense

De la peine . Je fus trop parlative

Je racontai ma vie, il était fatigué,

Je ne savais comment retenir

Mon haleine et le laisser partir.

Cela se fit sans dol dans le pm

Austère où je devins acquise

A cet homme si calme , attentif

Que je voulais toucher au cœur

Et sur le bras, le contact douloureux qui me manquait déjà.

Mais il avait si peur de la femme

Oblative que je suis rarement.

Philippe, je te veux et sans comparaison. Je suis comme

L’enfant qui meurt s’il n’a pas près de lui celui qui lui dit : viens avec moi, suis-moi.

Je croyais qu’il avait aussi cette espérance de me garder encor, mais l’âge est sans effort et nous

Devons tenir dans nos mains cet

Amour invisible comme le viatique

Contre la mort, la solitude, le travail, l’habitude qui nous font devenir insensibles ou alors

Cet homme aimait ailleurs la femme qui dansait quelque part

Loin de lui à jamais et moi j’allais mourir faute d’en être aimée.

Marinette  mars 2026 LE 24

 

 

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