l'oreillette du ventricule

 

L’oreillette du ventricule

 

J’ai l’oreille absolue

Je suis ventripotente

Et soudain je perçois

La chose est évidente

Que les deux ne font qu’un

Cette chose battante

Qui  circule sans cesse

Et  d’un coup de sang vert

S’arrête !

Elle est morte dit-on sans larme

Et sans plainte

Mais encore j’ouis ce qui bat dans mon centre

Elle a mal au ventre

Elle veut rester seule

Elle panse du bas ce qui descend du haut

Le cerveau  envahit les tripes

Et la musique joue  aux accents d’émotion

Et motion de césure

Je coupe à travers moi

Les souffrances de l’autre

Je suis au cœur du ventre

J’enfante à ventre lourd

Tout le poids de la terre

Qui me coupe les jambes

Et me déchette au  sol

Tiens on me parle encor

Mais je suis déjà morte

Douceur douleur

No matter

Mater dolorosa

Qui enfante les mots

Pour calmer les effrois

Qui lui firent dompter

Les plus terribles ogres

Ah voilà que l’on ouvre

Mon ventre déchiré

Ah je respire enfin

Je ne sens rien

Ni l’odeur de la morgue

Ni celle du formol

Qui a demandé ça

Sans vous formoliser

Mettez de l’eau du puits

Un petit poisson rouge christique

Et poussez-moi enfin à l’océan mythique 

où valse l’hippocampe chassé de mon cerveau

Avec dans les coraux  les fleurs

De l’innocence

Je suis morte délices

Hespérides 

Pommes d’or

Joaillerie dehors

Je vogue enfin vers  l’autre corps

Qui  peau noire dehors

M’attend sur le rivage

Avec le tambourin de plage

Secondaire

Et le tableau noir burundi

Voilà maîtresse qui arrive

Et le chœur bat son chant

 sous les baobabs des sacrifices

les ides de mars

Où jadis je vécus avec le petit singe

Je revis je renais je suis !

Marinette  mars

Commentaires

Posts les plus consultés de ce blog

la grande poète a été retrouvée

Elle écrit

Celui qui vient vers moi