comment voir son bureau
Comment voir son bureau
Laissez moi choisir ma photo
Au lieu de m’imposer des animaux morts
On n’a ici aucune liberté
Et aucune place pour demander ce que vous ne
ferez jamais
La terre en ce moment comme toujours se gave
de cadavres
Qui trouvent à manger les ordures des autres
Mais cela ne vous regarde pas
Vous voulez publier vos photos
Allez dans les journaux tristes sires
De cire dont le cœur caché par le portfolio
ne bat que devant le fric
Alors la beauté des photos est subjective
Vous aimez les richards
Je suis ailleurs
Je suis dans la sphère mondiale qui cache ses
pauvres poètes réfutés par les marchands de tableaux
Où avez-vous laissé le temps où un artiste
peignait dans la nature
En demandant du pain
Je ne suis pas poète cela est impossible
Car je suis trop lucide
Et je meurs chaque instant
Puis je me relève la nuit pour voir si debout
je suis encor en vie
Envie ? mais vous rêvez mon cher
De quelle envie pourrais-je me gâter vous me
refusez les enfants pour des bêtes crevées
Bientôt nous y serons tous dans la terre
charnier où poussent les fusils
Et les cris de révolte
Quittez vos téléphones
Entendez la cohorte
Des cœurs abandonnés muets qui ne parlent qu’à
Dieu
Avez_vous vu ces alzheimers précoces qui ne
parlent jamais
Oui on fait un AVC et tout tombe en noir on
marche au couloir de l’anxiété mortelle en cherchant une issue
Pour se rendre chez soi
Retrouver sa maison
Aussi consciente éberluée bousculée par les
oies je me retire enfin dans mon cercueil de bois
Pour voir ce qui m’attend dans les sous-bois
de la parole
Dans les chairs putréfiées que je vis à 8
ans en nettoyant les caveaux
Caveau ? oui je dis caveau
Allez plutôt en terre ou en brûlis
Afin de satisfaire la poésie macabre que nous
donne la vie
Nous n’avons plus de fleurs de fruits d’enfants
chantant alors que fréjus ensevelit parents
Mais ils sont trop petits et en vacances avec
moi et nous sommes tous gais ils dorment
ils rêvent je suis dans le dortoir mon dieu que va-t-il arriver au
retour sur la terre
Ils m’appellent maman
J’ai 16 ans et je ramasse enfin les petits de
4 ans dans un champ d’air où nous chantons mangeons sans parler des parents
Vous n’avez pas non plus séjourné dans la
clinique de Fleury avec les déportés et ramasser le pain dans les poches
Et la nuit on entend les hurlements atroces
de ces femmes sorties d’un enfer mais comment pourraient-elles
Rêver d’un autre lieu
Elles viennent de Terezin d’AUschvitz
Et regardent la table où je mange avec eux à
20 ans avant d’aller parler aux élèves d’autre chose
Ma petite a 10 ans et vient le soir me voir
son ami est sammy cueilli au vélodrome
Elle attend ma sortie pour Noël car je suis
épuisée du travail, des surplus, et de son amour terrifiant, pauvre petite
Qui maintenant avec 5 enfants et dix petits
enfants est venue me revoir
Elle apprend loin de moi de ses fugues
Anciennes et nous nous retrouvons
Le cou dans le cou maman je t’aime !
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