l'outil de la main juste
L’outil de la main juste
Je n’ai pas de stylo qui assez bien écrive
pour prétendre assumer le moindre vers classique
Et ma conversation étant monopsychique
les mots se mettent dans les trous
que laissent les oublies en solitaire intime
où du salon
pelléas entrait en
connivence
aussi bien
silencieuse avec Balzac
lecture obligée à
mon esprit sceptique
je sortais du salon de musique à Clermont
et voyais arriver les promeneuses
pieuses comme des pies
à qui on vole l’herbe
noires et grosses comme les religieuses
de cet ancien couvent ;
la volaille aérée riait de
ses exploits de rang
mais soudain la fille énigmatique
qui jamais ne parlait vint un peu se confier
surprise !
sérieuse, droite comme un piquet,
on ne sut jamais rien mais elle me montra la partition
son don et enfin éclata le jour de la décale
en partant habillée de style original coloré,
elle fut méconnaissable
même ellle me conta
des épis de sa vie
certes parmi les secrètes je fus la reine
mais si l’on m’eût quelque peu observée,
facile fût de
voir que je venais de ma campagne austère
enfin le jeudi ma mère venait chercher trois sous aux allocs
et des marrons grillés pour la
famille
et avant de rentrer on allait chez mestries
manger sa pâtisserie sous la pluie
et déjà j’aurais pu
me blottir dans les bras de ma mère
maman ! maman !
c’est ta faute
elle allait se confier à la concierge
et munie d’un crayon à papier de 5 centimes neuf
j’allais
pouvoir remplir mon cahier à pleins bords
J e la vis arriver à
la maison et les petits sauter sur son sac
Elle se posait au
banc de bois
Raconte maman tu l’as
vue l’autre ?
Oui l’autre c’ést encor moi qui saigne du nez,
qui ne pleure jamais mais qui gonfle en angine
tous les malheurs qu’on fait pour moi.
Un jour mon père en tenue de couvreur
, vieux pantalon et vieux tricot
traversa la cour tête baissée
avec un truc sous le bras
Pauvre papa c’est moi qui le vis
il venait m’apporter une poupée nue
à vêtir pour les gosses de la part des parents
, j’eus le malheur de croire en son mentir.
Mais je fus si émue de sa timidité
avec mon tablier Sali d’un mois
QUE JE LE REMERCIAI ET LE ramenai au porche où il me dit :
tu sais je suis fier de toi et de ce que tu fais
les autres ils s’en foutent
En effet j’étais seule à lécole et seule à la maison
et voilà cette horrrible
QUESTION que je me pose
encore :
Marius que ma mère
détestait n’était-il pas mon père ?
Pauvre papa gelé déchiré assis dans les carrières
les doigts fendus et tout le corps
non papa je ne dis rien je parle de toi en bien
maintenant mais comme tu es courageux.
Il me dit en secret tu sais bien que on t’aime
et moi je suis fier de tes examens
et tout ce que tu
fais t’en va pas »
Alors j’allais pleurer dans un coin
jamais nul ne m’a dit je t’aime
même quand le bac est arrivé dans un petit papier
par la poste dans la main de cette salope
qui
lisait mes lettres et racontait tout.
Vous voyez monsieur derrière mon écran
comme je suis malheureuse toujours toujours
Merci de votre présence
revenez toujours je vous en prie
je vous en supplie merci.
Commentaires
Enregistrer un commentaire