et sous les toits de neige bleue

 Et sous les toits de neige bleue

 

On chauffe les aîtres gelés

Qui du dehors ont regardé

La flamme vive de l’entrée

Oh qu’il fait bon chez vous

La lune est pleine et bleue

Mais comment faites-vous

Pour chauffer du dehors

Le cœur des affamés

Dormant sous des cartons

Nous laissons liberté

A chaque individu

De cogner ou rester

Dans la rue

Ce sont eux qui choisissent

Leur vie et leur bonheur

Et préfèrent aux auspices

Regarder le ciel bleu

Sous la nuit voyageuse

Qui hante nos sommeils

Et nous éveille au point

Où les toits débleuissent

Avez-vous peint le toit

Ou bien est-ce une toile

De la couleur des cieux

C’est un manque d’aveux

Et de reconnaissance

Entre frères neveux

C’est le discours verveux

Qui se déclenche au milieu

Du repas des adieux

Quand le mort est parti

On ne soupçonne pas

Que c’est lui qui entend

Tout ce que vous disiez

Du temps de son vivant

Aussi se tut-il volontairement

Afin de voir le jeu des influencements entre ceux qui sont francs et les faux beaux parleurs

Qui promettent le ciel

Michel viens me voir et me dire

Ce que tu as souffert

Comment ta langue verte

Obéit à celle que tu révérais

Et devint ton calvaire

Je ne connais pas tes petites fées

Parties à l’aventure et revenues pour toi

Mais je te reconnais enfant de la nature

Obéissant au doigt et à l’œil de Caïn

Je suis passée très loin et je ne marche plus

Je suis seule entre tous

On me jette dessus

Les mensonges méchants que le public arrange

Vois-tu comment les uns se montrent pleins d’audace

Dans leurs fines godasses

Et me jettent dehors

Ils viennent maintenant

Me raconter leur sort

Et la petite garce dont je sortis le sang hurle au telephone

Qu’elle n’a pas le temps

Me refuse le toit et ce que la mamie avait gardé pour moi

Mamie je vous entends

Voyez comme elle trace des plans

Pour avoir tout pour elle

Et Fanou miséreux qui vient seul

Avec ses deux enfants l’air triste et fatigué

Votre fille est malade

Et ma sœur s’en réjouit

Comment décide-t-on du bonheur

De l’autrui que nous choyâmes alors en quittant notre école

Pour la tenir au chaud

La maman a dit oui pour sortir

D’une ferme et elle se retrouva

Dans le poulailler des infâmes

Pour adopter leur tour

Je suis effondrée

Mais je continue à prier.

Ml 21

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