les chevaux de la mer

 Les chevaux de la mer

 

On voyait les chevaux de la mer

Qui se jetaient la tête la première

Et qui fracassaient ma crinière

Sous le tombereau des camions

Hurlant la nuit dans le canton

Et moi moi qui suis la première

à vouloir mourir écrasée

jeter mon sang dans les marées

du mois d’octobre cette année

on annonce une tempête

pour moi sans doute alors seigneur

arrête toutes ces clameurs

et jette moi au vent malheur

je souffre trop je veux mourir sans

rien sentir je veux tomber très fort là-haut

et réveiller ceux qui me jugent

trop mel la nuit trop de dégoût

Jésus pitié je n’ai rien fait contre l’église

J’ai regardé le vitrail plombé

Les chaises marquées et les lapins de mon curé

Un miracle seigneur sino je vais planter mon cœur sur le piquet de la douleur

Chacun réclame que je meure

Me déclare inexistante

Je ne parle qu’aux anges  noirs

Qui marchent dans mon cerveau

La nuit sans chevaux

Vois la mer grise qui est si belle

 

Qui éclabousse ma cervelle

Dans des paniers vides de tout

Appelle la vierge Marie

Que je prenne entre mes bras

L’enfant petit

Je ne touche personne depuis sept ans

Sept années de désert constant

Nul ne supporte vérité

Je vais courir vers le cheval

Dont la crinière noire

M’emporta dans les abysses

j’ai soif j’ai sec je suis perdue

père descends de ton nuage

finalement toi tu m’aimais

à ta façon mais le disais

qui m’a aimée personne ils ont juré*

et j’ai perdu ce que j’avais pour servir des individus

j’ ai trouvé une pendulette

je jette tout par la fenêtre

derrière on parle sans moi

on me tue avant que je sois

morte !
marinette 4/10/25

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