j'avais déjà conquis les terres intérieures

 

J’avais déjà conquis les terres intérieures.

***

 

Tandis qu’en Francésie les ministres jouaient aux chaises musicales

Je pris conscience alors que jamais je n’avais pris

Le temps de jouer

Ce temps miraculeux que l’on appelle enfance

Avait mis sur mes yeux le voile de l’absence

Il devint temps  de recourir aux marches du palais

Où je pourrais peut-être rattraper ce temps là

Mais je ne sus jamais jouer sur une table

A plusieurs solitaire

Et je gagnais toujours dans ma place de femme

Le mépris évident de mes consoeurs

Alors madame est à Paris où elle danse

Pendant que nous servons nos parents

Elle n’est jamais là quand on a besoin d’elle

Aussi l’on me trouva des logis de pitance

Où je servirais en passant ces dames en promenade

Mais non merci je ne veux plus habiter les bidons

Sans eau et sans chauffage

Je cherche une maison chaude et paisible où je peux lire en paix , écrire et reposer

Mais tu étais dedans assise à raconter aux enfants riches la vérité sur nous alors que nous peinions dans les champs ou bien à la cuisine

Vite tu pris la fuite pour devenir célèbre

Pauvre fille écrire sans vous est une aubaine naturelle nul ne pouvait me couper la parole

J’ai le droit de penser autrement après avoir lutté de tout mon corps contre vos tâches serviles

Et ce que j’ai gagné ne se voit pas dehors, ni champ ni maison, ni amis

On m’appelle toujours pour essuyer les plâtres et aller à la mer, jamais pour célébrer ce que j’ai provoqué, esclave des bourreaux, qui ne savent penser, ni compter ni écrire. Je vous quitte enfin !

Ml11/9/25

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