j'avais déjà conquis les terres intérieures
J’avais déjà conquis les terres intérieures.
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Tandis qu’en Francésie les ministres jouaient aux chaises
musicales
Je pris conscience alors que jamais je n’avais pris
Le temps de jouer
Ce temps miraculeux que l’on appelle enfance
Avait mis sur mes yeux le voile de l’absence
Il devint temps de
recourir aux marches du palais
Où je pourrais peut-être rattraper ce temps là
Mais je ne sus jamais jouer sur une table
A plusieurs solitaire
Et je gagnais toujours dans ma place de femme
Le mépris évident de mes consoeurs
Alors madame est à Paris où elle danse
Pendant que nous servons nos parents
Elle n’est jamais là quand on a besoin d’elle
Aussi l’on me trouva des logis de pitance
Où je servirais en passant ces dames en promenade
Mais non merci je ne veux plus habiter les bidons
Sans eau et sans chauffage
Je cherche une maison chaude et paisible où je peux lire en paix
, écrire et reposer
Mais tu étais dedans assise à raconter aux enfants riches la
vérité sur nous alors que nous peinions dans les champs ou bien à la cuisine
Vite tu pris la fuite pour devenir célèbre
Pauvre fille écrire sans vous est une aubaine naturelle nul ne
pouvait me couper la parole
J’ai le droit de penser autrement après avoir lutté de tout mon
corps contre vos tâches serviles
Et ce que j’ai gagné ne se voit pas dehors, ni champ ni maison,
ni amis
On m’appelle toujours pour essuyer les plâtres et aller à la
mer, jamais pour célébrer ce que j’ai provoqué, esclave des bourreaux, qui ne
savent penser, ni compter ni écrire. Je vous quitte enfin !
Ml11/9/25
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