LA BAMBOUSERAIE

 

La bambouseraie

 

Avez-vous vu la japonaise

La bambouseraie si haute

Coupée par une route

Qui mène à la cascade

What a beauty !

I do love it

C’est un truc inimaginable

Je grimperais jusqu’au sommet

Comme un singe juste pour le plaisir

Voyager m’est trop difficile

mais voir de tels paysages

m’asseoir dans l’ombre verte et regarder en l’air

quelle douceur ! et quel voyage !

je n’ai aucune envie d’aller danser à Dubai

avec les flagorneurs du style

mieux vaut regarder les têtards de la mare

qui font glou glou avec des bulles

comme les globules verts

et grandissent en sautegrenouilles

c’est le premier plaisir des enfants

moi je nourrissais les petits lapins

dans la cage de la lapine avec des carottes, salade

et autres choses du jardin

alain avait un lapin noir censé donné pour nain

qui devint énorme et avait un long couloir dans la thurne de son patron alain en avril tu me quittas un dimanche soir sans me dire au revoir

et fin juillet tu mourus j’entendis ton râle

quand je voulus t’appeler tu arrachas tous ces tuyaux

et mon cœur dans le même instant

qui puis-je appeler maintenant ?

il n’y a plus personne, tu étais depuis 33 ans mon ami mon frère mon aimant et tu me poussas à écrire

et fis mes premiers recueils nous allâmes au Molière

au restaurant à la mer en septembre à Paris par le train et là tu venais en dimanche portant gâteau

souffrant dé’jà mais pourquoi ne pas te soigner

vois je suis encor là sans pouvoir t’appeler

mille personnes ont avalé leur bulletin de naissance

et moi je suis là sans défense contre familles et ennemis

la mimi se montra cruelle alla chercher tes tableaux à Tulle moi je vis ton bureau ta mère et ta sœur en photo car je ne bouge plus

la campagne est devenue ville

où es-tu ? ils me hantent tous méchamment vifs ou morts et je réponds bêtement au lieu de mépriser les nuls

j’ai dix arrière petits enfants un peu partout les filles pondent allègrement et la mienne s’est mise au boulot

je laisse partout témoignages mais j’ai tort toujours

sans savoir, je croyais avoir bien agi pour tous et je suis le mouton noir

alors se reposer est mieux seule dans mon endroit

mon voisinage se ligue contre moi j’aime la solitude

mon épicier est confident et toujours m’aide

je ne revois personne qui te connaisse

je suis interdite en poésie là tu aurais pu me sauver

mais google apprécie mes articles et me demande d’en profiter

sinon la ritournelle de chaque jour me fatigue

j’ai des yeux comme les pandas

dis-moi ce que tu fais où tu es la nuit lorsque tous les fantômes me harcèlent vivent encor ne parlent pas et traversent les murs

il y eut d’autres criminels dont j’appris tard les crimes et ma fille travaille un peu pour sa retraite déformée par sa vie usée

tu vois tu n’auras pas vécu à tulle ,un bureau vide sans toi, ta mère te suivit de peu et ta sœur va vendre l’asile avec nos souvenirs heureux, quel dommage pour toi et tes livres !

tu es si beau sur ta photo les cheveux tirés en arrière, l’air apaisé.

Cette année fut caniculaire, je vis avec la clim

Que paya la convention d’obsèques et chacun se débrouillera.

Je ne touche à rien je voudrais que cette maison reste vide, elle est trop mienne quand je me lève je perds l’orient et je cherche ma mère

Et soudain : je suis seule ils sont morts

Je me recouche un peu

La nuit j’écris dans ma lumière et le noir du dehors

Le facteur est en colère de devoir monter mes colis

Pauvre martin pauvre misère il ne sait pas ce qui l’attend

Les feux détruisent la planète et les orages

Parfois il fait 42 mais les vacanciers continuent leurs

Allers et retours se plaignant restez chez vous bande de fous qui restez sur les autoroutes avec des petits qui pleurent et des vieux epuisés

Je te retrouve dans les bambous ce soir.

Lm 28/8/25

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