LE VENT D' ICI

 

le vent d’ici

 

ici il y a du vent qui vient du lointain nord

du vent de genre différent qui entre dans le corps

il s’annonce dans un léger friselis de feuilles

et roule écharpes sur les épaules

je tiens déjà le monde en moi

qui courbe les épaules et fait rentrer la douleur dans le corps

je regarde au catalogue si les capes sont modérables pour éviter le vent

non il y a toujours la fente aigûe qui perce la fêlure comme une dent de laid

alors je rentre en la maison

au milieu du paquet de bruit de vent de pluie de cris de chaussures

et vite je jette à terre les oripeaux mouillés venus du bord de mer

allez donc vous baigner et sortez en effroi

du miracle de l’eau qui tremble encor sur vous

eau de vie

eau de tout

et sous mon endormie je rêve

a ce vent qui s’achève sur moi

comme l’essuie matin soufflant dans la lagune

ce n’est qu’un torchonnement lourd qui

essuis chaque fois les effets de la mer

sur le cœur et le corps

c’est le vent de la grève fiévreuse autour

d’une île finissante rognée par les appeaux

des animaux malins qui inventent la crue

le vent l’étonnement la fin de toute chose

en flammes ou enterrée sous le legs des humains qui cachent leurs trésors comme on cache sa main dans une poche large

celle de la maman qui tient les clés les mouchoirs, les finissures glauques de nos éternuements

mais la mère a enfoui dans un sous vêtement son paquet des usures et le pourquoi du vent qui l’emportera loin

vers les autres bannières fleuries depuis longtemps et mortes enfin.

Ce fut la fin d’un faux été rose le soir noir le matin où l’on ne sut jamais s’il était devant ou après cette essence de vivre

Qui nous colle à la peau .

Ml 8 7 25

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